Près de 30 ans après la chute du régime Khmer rouge qui avait semé la terreur au Cambodge, la chambre préliminaire des Chambres extraordinnaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) s’est prononcée sur des questions de première importance, relatives au procès de certains de ses dirigeants. Plus particulièrement, la question du maintien en détention provisoire de « Duch », l’ancien directeur de la tristement célèbre prison de Tuol Sleng et de Nuon Chea, alias « frère numéro 2 », l’idéologue du régime Khmer rouge.
Dans ce commentaire rédigé par Cédric Ryngaert, des université d’Utrecht et de Louvain, l’auteur explore les dernières décisions des CETC. Il s’intéresse particulièrement au rôle inédit que les victimes jouent dans les procédures devant cette cour « internationalisée ». Il s’intéresse également à la décision de la cour relative à la demande de récusation du juge Ney Thol, qui appartient au premier parti politique du pays (le parti du peuple cambodgien) et est officier dans l’armée royale du Cambodge.