Affaire Haradinaj : un ancien ministre du Kosovo accusé d'outrage en 25 Apr 2008
Le TPIY a mis en accusation Astrit Haraqija et son conseiller pour outrage au tribunal. Ils auraient tenté de convaincre un témoin de ne pas faire sa déposition dans l'affaire Haradinaj.

Tribunal pénal international pour l’ex-YougoslavieLe 25 avril 2008, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a levé la confidentialité de l’acte d’accusation contre Astrit Haraqija et Bajrush Morina, les inculpant pour outrage au tribunal.

Selon l’acte d’accusation qui a été déposé le 8 janvier 2008, Astrit Haraqija et Bajrush Morina ont tenté de persuader un témoin protégé de ne pas faire sa déposition contre Ramush Haradinaj, en juillet 2007.

À l’époque, Haraqija était le ministre kosovar de la culture, de la jeunesse et des sports et un des trois co-fondateurs du « Comité de défense de Ramush Haradinaj ». Bajrush Morina était conseiller politique au ministère et rédacteur à mi-temps pour le journal kosovar Bota Sot.

L’acte d’accusation indique qu’Haraqija ayant eu connaissance de l’identité du témoin en juillet 2007, aurait donné instruction à Morina de se rendre dans le pays de résidence de ce témoin pour le persuader de ne pas faire de témoignage à charge contre Haradinaj.

L’affaire contre les anciens chefs militaires de l’UÇK a été marquée par des allégations d’intimidations de témoins. Des mises en accusation pour outrage au tribunal (qui ont ensuite été retirées) avait été émises contre plusieurs témoins qui avaient d’abord refusé de faire leurs dépositions, avant de témoigner en novembre 2007. Un troisième acte d’accusation contre Sefqet Kabashi reste valide.

Acquittement d’Haradinaj

Ramush HaradinajLe 3 avril 2008, la chambre de première instance I a acquitté Ramush Haradinaj et Idriz Balaj de toutes les charges relatives aux crimes commis au Kosovo entre mars et septembre 1998. Le troisième accusé, Lahi Brahimaj, a été condamné à six ans d’emprisonnement pour traitement cruel et torture.

En rendant son jugement, la chambre avait souligné les importantes difficultés qu’elle avait rencontrées pour s’assurer que les témoins pouvaient faire leur déposition en sécurité. Le juge Orie, président, a indiqué que la chambre avait eu la forte impression que ce procès se tenait dans une ambiance qui faisait que les témoins se sentaient en danger.

L’Accusation étudie actuellement la question de savoir si elle fait appel du jugement de première instance.

Communiqué de presse (en anglais)