Un an après, le ministre soudanais accusé est toujours libre en 28 Apr 2008
Le procureur de la CPI a réitéré ses appels pour que soient arrêtés Ahmad Harun et un ancien chef de milice Janjaouid pour des crimes contre l'humanité qui auraient été commis au Darfour.

Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo a réitéré ses appels à l’arrestation d’Ahmad Harun, ancien ministre d’État chargé de l’intérieur du Soudan et d’Ali Kushayb, un ancien chef de milice Janjaouid, un an après la délivrance des mandats d’arrêt à leur encontre.

Harun et Ali Kushayb (dont le nom complet est Ali Muhammad Al Abd-Al-Rahman) sont inculpés de 51 chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre relatifs à des attaques commises au Darfour entre 2003 et 2004.

Malgré ce mandat d’arrêt international, Ahmad Harun est actuellement ministre d’État chargé des affaires humanitaires au Soudan. Il aurait financé, armé et incité les milices Janjaouid menées par Ali Kushayb à commettre des attaques meurtrières qui ont forcé des millions d’habitants à quitter leur foyer et à se réfugier dans des camps.

Après avoir transmis les mandats d’arrêt au gouvernement du Soudan le 16 juin 2007, ce dernier, des mots du procureur, « a tout promis et n’a rien fait ». Le gouvernement de Khartoum n’a pas répondu, ne coopère pas et ne s’est pas conformé à la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La République du Soudan - le plus grand pays en Afrique - avec la province occidentale du Darfour en vert.La situation au Darfour est la première à avoir été transférée à la CPI par le Conseil de sécurité, en mars 2005. Les autres affaires l’ont toute été à la demande de l’un des États partie au statut de Rome. Le Soudan n'a pas encore signé le statut de Rome.

Le procureur a également exhorté « la communauté internationale à envoyer un message fort et unanime au gouvernement soudanais » et a appelé à l’arrestation des deux inculpés afin de « briser le système d’impunité qui sévit au Darfour ».

En ce qui concerne le ministre des affaires humanitaires, Ahmad Harun, le procureur a rappelé qu’il aura à répondre devant la justice, soulignant qu’il avait « attaqué des Soudanais, des compatriotes […] ; c’est un ministre inculpé, c’est un fugitif. Il finira devant la Cour ».

Communiqué de presse